Résumé exécutif
L'IA, la robotique et les systèmes autonomes complexifient les demandes d'indemnisation pour interruption d'activité en dissociant la réparation matérielle de la véritable reprise opérationnelle. Les experts-comptables spécialisés en enquêtes financières sont de plus en plus sollicités pour évaluer les délais de rétablissement prolongés, les dépendances technologiques, les redémarrages progressifs et les risques d'interruption d'activité dans les entreprises utilisant l'IA.
Introduction
L'intelligence artificielle, la robotique et les systèmes autonomes transforment rapidement le fonctionnement des entreprises. Les usines, les entrepôts, les réseaux logistiques, les centres de données et les chaînes d'approvisionnement de semi-conducteurs gagnent en efficacité, mais deviennent aussi plus dépendants de technologies hautement intégrées. Pour les assureurs, les assurés, les courtiers et les gestionnaires de réclamations, cela soulève un problème majeur : les pertes d'exploitation peuvent se prolonger bien après la fin des réparations matérielles.
Qu'est-ce qui se passe?
Historiquement, les demandes d'indemnisation pour interruption d'exploitation se concentraient souvent sur le temps nécessaire à la réparation ou au remplacement des biens endommagés. Dans bien des opérations modernes, ça ne suffit plus. Les systèmes basés sur l'IA nécessitent fréquemment une validation logicielle, un réétalonnage des capteurs, des tests de sécurité, une vérification des données, l'assistance du fournisseur et des redémarrages progressifs avant que l'activité puisse reprendre son cours normal. Un édifice peut être physiquement réparé, mais demeurer inopérant parce que ses systèmes automatisés n'ont pas été validés, testés ou entièrement réintégrés.
Ce problème est particulièrement pertinent dans les secteurs qui s'appuient sur la robotique, les équipements autonomes, la fabrication de pointe et les infrastructures à forte intensité de données. Les systèmes automatisés de stockage et de récupération, les plateformes logistiques pilotées par l'IA, les lignes de production spécialisées et les centres de données dépendent souvent d'une coordination précise entre le matériel, les logiciels, l'alimentation électrique, le refroidissement, les communications et les fournisseurs tiers. Lorsqu'un composant est endommagé ou dysfonctionnel, la période de remise en état peut s'étendre bien au-delà des réparations visibles.
Ce risque s'étend aussi aux interruptions d'activité indirectes. De nombreuses entreprises dépendantes de l'IA comptent sur des fournisseurs spécialisés, des fabricants d'équipement en nombre limité, des puces uniques, des transformateurs, des appareillages de commutation, des systèmes de contrôle et des logiciels de support. En cas de retard d'un fournisseur, d'un fournisseur de services publics ou d'un vendeur de technologies, les répercussions financières peuvent être considérables.
Qu'est-ce que ça veut dire?
La question centrale concernant les demandes d'indemnisation évolue : elle ne se résume plus à « Quand le bien a-t-il été réparé ? » mais à « Quand l'entreprise a-t-elle vraiment pu reprendre ses activités normales ? ». Cette distinction peut avoir une incidence importante sur l'évaluation des pertes liées à l'interruption d'activité.
Les experts en sinistres devront peut-être déterminer si l'indisponibilité supplémentaire est liée à des dommages matériels, à la restauration de logiciels, à des problèmes de cybersécurité, à la validation du système, à des contraintes d'approvisionnement ou à l'état de préparation opérationnelle. Les assurés pourraient exiger une documentation plus solide justifiant le caractère raisonnable du délai de restauration. Les assureurs pourraient avoir besoin d'une compréhension plus détaillée des dépendances opérationnelles à l'origine de la période de réclamation déclarée.
Point de vue d'expert
Du point de vue de l'expertise comptable, la période de rétablissement est devenue l'un des aspects les plus importants et les plus controversés des demandes d'indemnisation pour interruption d'activité liée à l'IA. Quantifier la perte exige bien plus qu'un simple examen des ventes et des dépenses historiques. Il est nécessaire de comprendre le modèle d'affaires, l'architecture technologique, le flux de production, les exigences de redémarrage, les dépendances vis-à-vis des fournisseurs et les mesures d'atténuation mises en œuvre.
Les experts-comptables spécialisés en enquêtes financières peuvent aider à déterminer l'impact financier de chaque phase d'indisponibilité, notamment la réparation, les essais, la validation, le redémarrage, la montée en puissance et le retour à un fonctionnement normal. Ils peuvent aussi aider à distinguer l'impact des pertes couvertes de celui des retards non liés, des conditions générales du marché ou des problèmes d'exploitation préexistants.
En conclusion
Avec l'adoption accélérée de l'IA, les délais de restauration devraient s'allonger, se complexifier et faire l'objet d'un examen plus rigoureux. La prochaine génération de demandes d'indemnisation pour interruption d'activité sera peut-être moins axée sur la réparation matérielle elle-même que sur le temps nécessaire à la restauration sécurisée d'écosystèmes automatisés complexes. L'expertise comptable jouera un rôle crucial pour aider tous les intervenants à comprendre, documenter et quantifier ces pertes en constante évolution.